The Dragonfly of Saint-Michel, du théâtre pour briser l’isolement

Avec The Dragonfly of Saint-Michel, l’arrondissement de Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension a voulu utiliser le théâtre comme outil pour briser le sentiment d’isolement social et culturel qui plane sur la population du quartier Saint-Michel. Ce projet s’est articulé autour du spectacle The Dragonfly of Chicoutimi de Larry Tremblay, mis en scène par Claude Poissant du Théâtre PÀP. Il s’est adressé à une clientèle adulte multiculturelle fréquentant un établissement d’éducation aux adultes afin d’amener ces derniers à faire des découvertes culturelles, artistiques, personnelles et identitaires.

La pièce The Dragonfly of Chicoutimi met en scène un homme qui représente à lui seul tout le paradoxe que constitue le fait d’être Canadien : pur francophone de Chicoutimi, Gaston Talbot subit un traumatisme à la suite duquel il ne peut plus parler que l’anglais. Un anglais métissé, changé, teinté de la grammaire francophone. À la recherche de son identité, Talbot fait le récit de sa vie, utilise les mots de l’autre pour parler de lui, se les approprie, réapprend à vivre. C’est en se rapprochant de lui-même qu’il apprendra à accepter l’autre en lui.

Pièce sur l’aliénation, la réflexion identitaire, la métaphysique du double, elle a provoqué une véritable onde de choc lors de sa création en 1995, grâce à l’interprétation magistrale de Jean-Louis Millette. Quinze ans plus tard, Claude Poissant, figure de proue de théâtre québécois, offre une nouvelle lecture de l’une des œuvres les plus dramatiques du répertoire québécois.

Le génie de l’auteur est d’avoir incarné en une figure unique une multiplicité de facettes, tant et si bien que son personnage évoque tout un pays à lui seul. Le Dragonfly de 2011 donne voix à ceux d’en face pour mieux parler de nous-mêmes.

Les rencontres avec les participants ont pris la forme de cours préparatoires avec les artistes, de visites organisées au théâtre Espace GO et de débats après le spectacle. Les enseignants ont été aidés par un cahier d’accompagnement éducatif pour qu’ils puissent préparer leurs élèves aux contextes social, historique et linguistique de la pièce

Malgré quelques appréhensions au départ du projet, notamment du fait que la pièce était en anglais, les participants ont tous compris le sens de la pièce de théâtre et les processus de sa création. Surtout, ils ont été ébranlés par leur expérience. Comme quoi, l’art peut trouver une résonnance aussi chez les novices, tant et aussi longtemps que ces nouveaux spectateurs sont accompagnés pour démystifier l’univers théâtral !

 

À noter : Le projet de médiation culturelle a bénéficié du soutien financier du Programme de médiation culturelle des arrondissements montréalais.

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