Une rencontre avec Petunia Alves, co-directrice du GIV

«Nos collaborations avec des centres de femmes, des organismes communautaires, des centres et des maisons de jeunes ont permis toutes sortes d’échanges et de découvertes entre ce public, des artistes et leurs œuvres.»
– Petunia Alves

 

Le Groupe d’intervention Vidéo (GIV) est un centre d’artistes à but non lucratif fondé en 1975, qui distribue, diffuse et produit des vidéos indépendantes et des projets multimédias réalisés par des femmes. Avec l’Atelier 850, ils ont mis en place «Histoires en continu», un projet de médiation culturelle qui offre des ateliers de création aux enfants des communautés culturelles de la Petite Bourgogne.

 

La dimension sociale semble très importante dans votre démarche de manière générale. Pouvez-vous me dire pourquoi et comment cela se traduit-il dans vos actions?

Pour le GIV, la vidéo est un outil de création et de documentation, mais aussi de contestation, de dénonciation, d’éducation et d’échange. Depuis sa création, le GIV a toujours eu pour préoccupation de développer des activités auprès des populations qui n’ont pas accès à la vidéo indépendante afin de les sensibiliser à la pertinence du médium et à l’univers des œuvres indépendantes réalisées par des femmes.

Nos collaborations avec des centres de femmes, des organismes communautaires, des centres et des maisons de jeunes, liées à des activités pertinentes adaptées au contexte de chaque organisme, ont permis toutes sortes d’échanges et de découvertes entre ce public, des artistes et leurs œuvres.

 

Depuis l’an dernier, GIV collabore avec l’organisme Atelier 850 pour offrir à des enfants de 7 à 12 ans issus des communautés culturelles de la Petite Bourgogne à Montréal des ateliers de création. Pouvez-vous me dire comment est né ce projet?

Un membre nous a parlé de l’Atelier 850, et nous avons été séduites par les multiples origines culturelles des enfants qui fréquentent l’organisme. C’est grâce au Programme montréalais d’action culturelle que nous avons réalisé notre première collaboration en 2011. Le projet que nous développons actuellement vise à faciliter la compréhension d’un art à travers la démarche d’artistes indépendantes reconnues. Les ateliers proposés permettent aux jeunes d’explorer plusieurs techniques et technologies : le film d’animation avec Diane Obomsawin, la découverte de l’art sonore avec Anne-Françoise Jacques et la vidéo d’art avec Eugénie Cliche. Les artistes sont toujours accompagnées par Lamathilde, vidéaste et performeuse, qui agit en tant qu’assistante et médiatrice culturelle.

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Crédit: GIV

Que signifie le titre de ce projet : « Histoires en continu »?

Notre premier projet avec l’Atelier 850 s’intitulait Histoires. Comme ces jeunes ont encore beaucoup à nous raconter sur leur passé, les expériences qu’ils ont vécues et leur relation avec le présent, nous avons décidé d’appeler la suite « Histoires en continu ».

 

Connaissiez-vous déjà l’Atelier 850? Pourquoi avoir choisi de travailler ensemble?

Au fil de nos projets, nous avons développé un fort partenariat avec l’organisme et mis en place un lien de confiance entre les enfants, les travailleuses et les artistes. Poursuivre les collaborations est une façon de les améliorer et d’assurer un suivi auprès des jeunes sur une plus longue période. Pour le GIV, c’est aussi un moyen de poursuivre notre mandat de créer des espaces d’expression pour que des jeunes apprécient et s’approprient l’art.

 

Quels sont les objectifs que vous souhaitez atteindre avec ce projet?

Les arts médiatiques indépendants restent une pratique peu ou pas connue auprès des jeunes. Le fait de les initier et de les encourager à l’explorer leur permet de développer de nouveaux intérêts et d’acquérir un sens critique pour s’engager vers une lecture plus active des œuvres et des arts en général.

Par exemple, pendant les ateliers d’art sonore, les enfants ont été initiés à l’écoute et à l’enregistrement de sons ambiants. Cette expérience a été une vraie découverte pour eux. Quand Anne-Françoise Jacques leur a montré des extraits de ses installations et de ses pièces sonores, les enfants étaient époustouflés d’apprendre qu’elle faisait des concerts avec des sons. Ce fut un moment privilégié d’exploration du médium.

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Un atelier avec l’artiste Anne-Françoise Jacques. Crédit: GIV

On parle beaucoup de médiation culturelle dans le monde artistique actuellement. Trouvez-vous que les actions en médiation culturelle modifient la façon dont les artistes font de l’art?

Peut-être pas la façon ; mais le contact avec un public peu connaisseur, hors des circuits traditionnels des galeries, des musées ou des festivals, donne une toute autre dimension à la créativité.

 

Avez-vous un retour de la part des artistes? Comment parlent-elles de leur expérience?

Elles qualifient cette expérience comme étant riche en découvertes et très inspirante.

 

Ce projet vous a-t-il permis de tisser des liens avec d’autres organismes? 

Avec d’autres organismes et avec des institutions culturelles du quartier. Chaque année, les réalisations étonnantes des participants sont présentées au Centre culturel George-Vanier.

 

À noter : Le projet Histoires en continu a bénéficié du soutien financier du programme de Partenariat culture et communauté.

Pour en savoir plus sur le projet Histoires en continu

>> Découvrez notre article sur le projet.

>>  Pour voir quelques réalisations des enfants dans le cadre d’Histoires en continu, visitez la page Youtube .

>> Cet article fait partie du dossier Les partenaires au cœur de la médiation culturelle.

 

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