Les P’tits Loups sur grand écran

Quoi ? Un camp de cinéma pour jeunes provenant de milieux défavorisés
Qui ? Daphnée Cyr, la Fondation pour la promotion de la pédiatrie sociale du Dr Gilles Julien et le Festival du Nouveau Cinéma

Les P'tits Loups sur grand écran

Photographies du camp Les P’tits Loups ©, 2009, Sarah Lalonde

« Nos enfants évoluent dans un monde d’adultes. Ils grandissent trop tôt, trop vite, subissent les malaises des grands […]. C’est comme si notre société individualiste leur avait dérobé une part d’imaginaire. » (Daphnée Cyr)

Pour Daphnée Cyr, fondatrice du Camp de jour Les P’tits Loups, la créativité brute des enfants est source d’émerveillement. Avec en poche un diplôme en recherche et animation culturelles, la jeune femme a d’abord réalisé il y a quelques années une oeuvre collective avec les enfants de sa ruelle, une première expérience qui lui a inspiré le rêve de fonder un camp de cinéma destiné aux jeunes.

Grâce à l’étroite collaboration de deux partenaires, la Fondation pour la promotion de la pédiatrie sociale du Dr Gilles Julien et le Festival du Nouveau Cinéma, le projet de Daphnée Cyr a vu le jour en 2008. Joliment appelé Les P’tits Loups, ce camp de jour estival offre depuis la chance à des jeunes de 7 à 14 ans de s’initier au cinéma d’animation.

Gros plan sur l'enfance

Gros plan sur l’enfance
À travers le projet, la jeune femme s’est investie d’une mission supplémentaire : remettre les enfants en contact avec leur imaginaire.

L’accès à ce potentiel créateur est d’autant plus ardu dans les milieux défavorisés, où transparaît une réalité souvent sombre. Pour cette raison, le projet a été destiné aux jeunes qui fréquentent le centre de pédiatrie sociale d’Hochelaga-Maisonneuve, Assistance d’enfants en difficulté (AED).

« Issus de tous les milieux et de toutes les classes sociales, ces jeunes ont en commun une grande vulnérabilité. L’idée derrière le projet était d’offrir du renforcement positif à ces enfants qui en ont cruellement besoin, en plus de stimuler leur goût pour la culture », explique la fondatrice de l’événement.

Pendant trois semaines, 30 jeunes ont donc plongé au c¦ur du cinéma d’animation. Guidés par une équipe de professionnels passionnés, ils ont allié leurs efforts pour créer une oeuvre collective.

 

Un camp hautement stimulant

Un camp hautement stimulant
« L’animation est un travail de moine : il faut créer image par image. Les jeunes participants ont été impressionnés par la complexité de la tâche. La surprise a été d’autant plus vive que c’était pour la plupart un premier contact avec autre chose que ces grosses productions à succès qui ont toutes la même saveur », poursuit Daphnée Cyr.

C’est ainsi que les néophytes de l’animation se sont donné rendez-vous dans les nouveaux locaux lumineux du « 80, ruelle de l’Avenir » pour des séances de travail bien encadrées. En plus d’être introduits aux bijoux du cinéma d’animation d’ici, les jeunes ont vu leurs ateliers de création entrecoupés d’activités sportives et même de cours de cuisine.

L’exploration des univers sonores a aussi donné lieu à des ateliers ludiques dirigés par des musiciens avec qui les jeunes ont créé la bande-son du film, un élément-clé du résultat final.

 

Un court-métrage intitulé Porte-bonheur

Porte-bonheur : il était une fois une porte magique
Le fruit de leurs efforts? Un court-métrage intitulé Porte-bonheur, alliant fiction et documentaire. Les images où les jeunes sont montrés en plein processus de création sont superposées à des vignettes d’animation qui alimentent la trame narrative du film. Pour celles-ci, les jeunes étaient invités à se demander ce qu’ils découvriraient s’ils passaient la porte magique.

À cette grande question, une multitude de réponses. Certains entrevoyaient un monde où se côtoyaient licornes magiques et cornets de crème glacée, où on pouvait « faire cuire des guimauves juste avec la pensée ». Mais pour d’autres, la magie, c’était tout simplement d’avoir une famille.

L’atelier a donc visiblement permis aux jeunes d’exprimer leurs rêves les plus fous autant que leurs insatisfactions.

« Plusieurs me demandent si le projet a fait naître des vocations. Bien sûr, certains jeunes se sont découvert une aisance pour manier la caméra. Mais à mon avis, le fait que les jeunes soient en contact avec des adultes passionnés qui sont autant de modèles stimulants, qu’ils sortent du quotidien pour vivre un moment de bonheur et qu’ils entrevoient un peu d’espoir sont là des preuves que notre défi est relevé », conclut la fondatrice.

Des P’tits Loups sur le tapis rouge
Pour clore l’aventure en beauté, les jeunes créateurs ont pu partager leur fierté avec leur famille puisqu’ils étaient tous conviés à l’ouverture du Festival du Nouveau Cinéma, où le court-métrage était présenté en grande première. Convaincue que la diffusion peut donner un second souffle à son projet et accroître la portée de ce Porte-bonheur, Daphnée Cyr œuvre à présenter le court-métrage dans des festivals internationaux.

Et elle continue de rêver au jour où son camp de cinéma pour jeunes sera ouvert toute l’année.

À noter : Le Festival du nouveau cinéma, en partenariat avec la Fondation pour la promotion de la pédiatrie sociale du Dr Julien, a bénéficié d’un soutien financier dans le cadre du Programme de partenariat culture et communauté.

À consulter : La page Facebook du Camp Les P’tits Loups où l’on peut visionner une vingtaine de courtes capsules vidéo réalisées dans le cadre du camp.

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