La médiation culturelle en période de pandémie, un webinaire de l’OMEC avec Danièle Racine

Le 4 juin, l’Observatoire des médiations culturelles (OMEC) organisait un webinaire sur la médiation culturelle à Montréal en période de pandémie. Pour réfléchir à ce sujet, Danièle Racine, commissaire à la médiation culturelle au Service de la culture de la Ville de Montréal, s’entretenait avec Nathalie Casemajor, professeure à l’INRS-UCS et co-directrice de l’OMEC. 

Dans le cadre de ses fonctions, Danièle Racine administre les programmes de soutien en médiation culturelle pour les organismes culturels et le réseau Accès culture dans les 19 arrondissements de la Ville de Montréal. Cofondatrice de l’OMEC, elle contribue à la recherche et au développement culturel avec de nombreux partenaires. Elle édite également le site de la Ville dédié à la médiation culturelle http://montreal.mediationculturelle.org/ sur lequel on trouve des informations sur cette approche, des exemples de projets réalisés à Montréal, des références et des études sur la médiation culturelle. Avec Nathalie Casemajor, elles ont discuté des défis que posait la situation actuelle liée à la Covid-19. Avec plus de 280 participant-es, cette rencontre a été un véritable succès. Elle a réuni  diverses régions du Québec, des représentant-es des milieux artistiques, des institutions culturelles, des milieux éducatifs, etc. En attendant la diffusion de la visioconférence, nous vous offrons un résumé de cette rencontre.

NC : La médiation culturelle, telle qu’elle est amenée à la Ville de Montréal, permet de créer et maintenir des liens avec les populations. Mais comment adapter ses projets dans le contexte actuel? On sait que l’idée de se «réinventer» est devenue un irritant dans le milieu. Quelle est l’approche de la ville de Montréal et comment proposez-vous d’accompagner les organismes engagés dans des projets?

DR : Cette crise touche particulièrement la médiation culturelle, car les projets déployés tentent d’atteindre des populations vulnérables ou marginalisées qui sont encore plus isolées avec la pandémie ou le confinement. Nous essayons de rester en lien avec les organismes que nous soutenons et avec nos collègues des équipes culturelles des 19 arrondissements pour suivre les directives de la ville et du gouvernement . Nous leur proposons quatre options adaptées à leurs réalités :

1.     Il faut garder en tête que cette crise est temporaire et que les organismes peuvent reporter leurs activités et adopter un nouveau calendrier de réalisation.
2.     Les organismes peuvent également modifier leur projet et l’adapter à la crise sanitaire, s’ils sont en mesure de conserver les liens avec la population.
3.     Pour certains projets, il est possible de transférer des activités en ligne, en utilisant les réseaux sociaux ou d’autres formats numériques.
4.     Il est aussi possible qu’une partie des activités doive être totalement annulée, et cette option fait partie de la réalité actuelle.

NC : Est-ce que les formats numériques sont adaptés à toutes les disciplines ?

DR : Ce qui compte, c’est que la médiation culturelle conserve son essence en maintenant la rencontre, le contact entre les artistes et les participant-es, au cœur des projets, tout en respectant les consignes de la santé publique. Tout n’a pas à devenir numérique. Ça ne va pas de soi pour certains projets ou pour rejoindre certaines populations. Il faut tenir compte de la fracture numérique pour les personnes marginalisées ou vulnérables qui n’ont pas accès aux technologies ou qui n’ont pas la littéracie numérique nécessaire pour utiliser ces plateformes. Dans certains cas, il peut être possible de trouver des formules intermédiaires de rencontres : créer de plus petits groupes de travail, faire les rencontres en extérieur pendant l’été, cumuler des rencontres physiques avec le numérique, etc. Les organismes communautaires sont également des partenaires importants pour réussir à rejoindre certaines communautés marginalisées ou des populations plus éloignées.

NC : Y a-t-il des contextes dans lesquels le numérique peut être souhaitable ou bénéfique?

DR : On a vu plusieurs expériences d’ateliers en ligne qui ont été de belles réussites. Mais le lien avait déjà été fait : le groupe avait été formé et des ateliers avaient eu lieu avant le début du confinement. Réussir à rejoindre des publics éloignés quand un contact physique n’a pas eu lieu en amont est peut-être plus difficile. Ici aussi, le partenariat peut être bénéfique. On peut s’associer avec des organismes qui possèdent une expertise en arts numériques. Mais on peut aussi décider de reporter ses activités.

NC : Est-ce qu’on peut déjà entrevoir de nouveaux outils ou de nouveaux réseaux de collaboration qui se développent et vont rester dans la durée?

DR : Je vois déjà des acquis. Pour l’ensemble des organismes, l’hybridité dans les formats de médiation culturelle peut être intéressante. Des échanges en ligne associés à des activités en présence des participants pourra permettre de rejoindre des personnes à mobilité réduite par exemple. Cette hybridité va probablement rester. L’autre acquis concerne le partage des ressources et des expertises. La situation actuelle nous amène paradoxalement à développer de nouveaux espaces collaboratifs, à partager nos outils et à les mettre en commun. Les périodes de crise demandent beaucoup d’adaptation et de résilience, mais elles peuvent aussi apporter certains changements positifs.

 

Une période de questions et de discussion a suivi cette présentation, permettant aux participant-es de partager des exemples inspirants de projets de médiation culturelle réalisés depuis le début de la pandémie.

Une autre rencontre sera proposée cet automne pour favoriser le partage des réflexions et des expériences.

 

 

Pour visionner la conférence, suivez le lien!

 

Pour en savoir plus

 

 

Pour revenir à la page principale spéciale COVID:  http://montreal.mediationculturelle.org/pandemiecovid19/

 

 

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