ANNIE DESCÔTEAUX ET MATHIEU LÉVESQUE : EN DIALOGUE AUTOUR DU CADRE, MARIE-ÈVE LECLERC-PARKER

Avec des expositions présentées dans les dix-neuf arrondissements de la métropole, l’événement Un million d’horizons (1 x 19 = 1000 000) constitue une véritable invitation à (re)découvrir la ville. Poussée par l’envie d’en connaître davantage sur ce territoire par le biais de l’art, je me suis mise au défi d’aller visiter des expositions présentées en périphérie de Montréal. À mon grand plaisir, ce désir de regarder et d’explorer autour est devenu le nœud d’un dialogue intéressant entre les artistes Annie Descôteaux et Mathieu Lévesque dans l’exposition Rébus et autres constructions.

Dès mes premiers pas dans le Centre d’exposition Lethbridge, mon regard plonge dans les collages minimalistes et colorés de Descôteaux, situés surtout au centre de la galerie. Encadrés et accrochés à des murets pastel, ces assemblages de carton mettent délicatement en scène des figures abstraites et des objets usuels (œuf, balle de tennis, corde, plante). Léchés et aux couleurs tranchées, ils ne vont d’ailleurs pas sans rappeler les aplats en peinture. À proximité des tableaux, l’artiste a judicieusement installé des constructions précaires qui reprennent, en trois dimensions, certains éléments des collages. Ainsi, corde, éponge, bâton, balle de tennis, cube, sphère débordent littéralement du cadre pour prendre place dans l’espace. Autour des propositions de Descôteaux, les tableaux (dé)construits de Lévesque s’étendent sur les murs de la galerie de l’arrondissement Saint-Laurent. Sous la forme de polygones irréguliers, ces dispositifs linéaires invitent à regarder au-delà du cadre en révélant son envers et son endroit. Les limites physiques du tableau sont ainsi remises en question par ces « shaped canvas » qui, avec leurs bordures colorées, s’ouvrent sur l’espace d’exposition.

Ouvertes l’une sur l’autre, les œuvres de Descôteaux et de Lévesque − qui en sont étonnamment à leur première exposition ensemble − réussissent à créer une ligne d’horizon commune qui prend forme autourdu cadre. Un dialogue s’installe ainsi naturellement parmi les propositions qui nous entrainent dans un espace mitoyen entre planéité et tridimensionnalité, abstraction et figuration, intérieur et extérieur. Rébus et autres constructions est une visite aux alentours qui aura valu le détour.


Annie Descôteaux et Mathieu Lévesque – Rébus et autres constructions
Du 22 juin au 27 août 2017
Centre d’exposition Lethbridge, Arrondissement Saint-Laurent

 

L’exposition est présentée dans le cadre de l’événement Un million d’horizons du réseau Accès culture pour souligner le 375e anniversaire de Montréal.

 

Détentrice d’une maîtrise en histoire de l’art de l’UQAM (2016), MARIE-ÈVE LECLERC-PARKER est une travailleuse culturelle et auteure de la relève. Ces dernières années, elle a travaillé auprès de plusieurs centres d’artistes dont Arprim, centre d’essai en art imprimé et DARE-DARE, ainsi qu’au sein d’événements culturels comme la RIPA (Rencontre interuniversitaire de performance actuelle).

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