Ôs avec nous, la danse en résidence

Ôs avec nous de Lucie Carmen Grégoire a marqué les balbutiements du programme de résidence La Démarche qui a été mis en place par la maison de la culture de Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension. Il s’agit d’un projet qui associe la résidence de création à des diffusions ponctuelles d’extraits, à des ateliers de médiation et à la diffusion d’un spectacle.

Ôs est la troisième pièce d’une trilogie intitulée You Said Woman? Dans la première partie, l’artiste chorégraphe abordait en solo les thèmes de l’hypersexualisation et des clichés sexuels. Dans sa deuxième, elle abordait « la nature de la femme, telle qu’elle est sensée être en relation avec l’autre ». Enfin dans Ôs, elle est devenue celle qui initie les autres pour les amener à devenir des êtres de lumière. Dans Ôs, le corps est à la fois source de mouvements, de rythmes et de sons qui mènent à des rencontres multiples. Le projet de médiation Ôs avec nous a servi de prolongement à la démarche de la danseuse et l’a nourrie.

Dans un premier temps, Lucie Carmen Grégoire a été en résidence de création à la Maison de la culture de Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension afin de peaufiner sa chorégraphie. Cela a donné lieu à des discussions publiques autour de sa démarche et à des ateliers d’initiation à la danse offerts par les membres de la troupe.

L’artiste et son équipe de création ont investi la salle de diffusion de Parc-Extension à deux reprises en février et en mars 2008 pour poursuivre le processus créatif de la pièce, disposer d’une salle pour faire des répétitions avant la première, mais aussi montrer des extraits de l’œuvre dans la salle, ainsi que dans différents lieux sur le territoire à des groupes communautaires du quartier afin de discuter avec la population.

Par la suite, la chorégraphe a entamé le projet de médiation culturelle avec un groupe de femmes intergénérationnelles afin de les faire entrer dans sa démarche. Les participantes ont plongé dans un processus de création en danse séparé en quatre volets sur le mouvement, le rythme, la voix et l’expression. Des jeux d’improvisation, individuels ou collectifs, et des exercices d’écoute ont permis aux participantes de mieux entrer en contact avec eux et avec les autres.

Ceux qui le souhaitaient ont assisté à la présentation de la nouvelle œuvre, Ôs avec nous, dans la salle de la maison de la culture. Des participants ont même eu « la piqûre » pour la danse au point de se rendre à l’Usine C afin d’assister à d’autres spectacles de création.

Toutes ces étapes ont créé un contexte de dialogue et de démythification pour le public. Les femmes ont beaucoup discuté entre elles et leurs commentaires ont nourri la création de la pièce. Parmi les participantes, deux femmes souffraient de problèmes en santé mentale. La présence de plusieurs animateurs a permis d’individualiser l’encadrement et ainsi de sécuriser la participation de chacune. L’importance qui était accordée à l’improvisation peut effectivement fragiliser les non initiées. L’attention et le respect qui leur ont été accordé a nourri tout le groupe.

Pour la chorégraphe, l’expérience a été une belle aventure humaine, même si elle n’a pas été aussi féconde qu’elle le pensait d’un point de vue créatif. C’est que, l’œuvre avait été finalement pratiquement achevée lorsque les ateliers ont commencé.

 

À noter : Le projet de médiation culturelle a bénéficié du soutien financier du Programme de médiation culturelle des arrondissements montréalais.

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