Ce qui nous traverse : ateliers d’histoire familiale

Ce qui nous traverse : ateliers d’histoire familiale est un projet intergénérationnel de médiation culturelle, mené par le collectif Super Boat People avec la collaboration du centre d’artiste articule, du centre d’histoire orale de récits numérisés de l’Université Concordia (CHORN) et du MEM – Centre des mémoires montréalaises.

La deuxième édition du projet a eu lieu de novembre 2024 à juin 2025, permettant à une cohorte de 13 participantes et participants d’origine cambodgienne, laotienne et vietnamienne de se réapproprier leur passé familial teinté par la guerre et l’exil, à travers un processus documentaire et artistique qui a culminé par une exposition de groupe.

Contexte et objectifs
Créé en 2022, Super Boat People est un organisme par et pour les personnes originaires du Cambodge, du Laos et du Vietnam. Sa mission a pour but, notamment, la réappropriation de leurs histoires et la (re)connexion avec leur culture d’origine et leur communauté.

Dans cet esprit, et à travers une approche participative qui alliait histoire orale, pratique artistique et cocréation, le projet Ce qui nous traverse proposait aux personnes participantes de :
1) Documenter leurs propres histoires familiales par le biais de l’histoire orale.
2) Explorer différents médiums artistiques pour créer à partir de ces histoires.
3) Partager les fruits de leur démarche à un public plus large lors d’activités variées.

Réalisation du projet
De l’automne 2024 au printemps 2025, 10 ateliers ont eu lieu sous forme de cercles de partage et de création, afin de soutenir et d’encourager les participantes et participants à s’engager dans un processus de documentation et de création, à partir de leurs histoires familiales qui sont souvent partielles et complexes.

À chaque rencontre, différents médiums et approches étaient explorés en compagnie de documentaristes et d’artistes de diverses origines qui puisent dans ces mêmes vécus pour leur pratique. Trois cofacilitateurs et cofacilitatrices étaient également sur place.

Le premier bloc d’ateliers portait sur l’histoire orale et le documentaire afin d’apprendre à faire une entrevue avec un membre de sa famille ou de son entourage : choix de la personne à interviewer, anticipation des défis ou difficultés, aspects éthiques, préparation d’un questionnaire, captation sonore et aspects techniques.

Après une pause dédiée à l’enregistrement des entrevues, les personnes participantes se sont retrouvées pour un deuxième bloc d’ateliers consacrés à la présentation et à l’expérimentation d’une diversité de pratiques artistiques, dont le théâtre d’objets, la danse et les arts numériques. Ceci, dans le but d’explorer différentes manières de créer une œuvre à partir des paroles récoltées.

Au terme de ce processus, l’ensemble des participantes et participants a partagé le fruit de son travail en cercle fermé. Les œuvres finales ont ensuite été dévoilées au centre articule dans le cadre d’une exposition collective et collaborative, dont le vernissage a attiré plus de 150 personnes, et la visite guidée, 25 personnes. Un zine collectif a également été produit.

Des stratégies judicieuses
Grâce à l’expérience acquise lors de la première itération du projet en 2023-2024, la deuxième édition a accordé plus de place à la discussion. La durée des rencontres est passée de trois à cinq heures. Deux séances ont été ajoutées, l’une pour faire un retour sur les entrevues menées, l’autre pour guider la conception des œuvres et de l’exposition.

Afin de soutenir la motivation et le travail créatif des participantes et participants, des suivis individuels ont été mis en place ainsi que des binômes d’entraide. Ainsi, un lien de confiance s’est graduellement construit au sein du groupe. De plus, des personnes ayant participé à la première édition du projet sont venues partager leur expérience.

Le pouvoir réparateur du groupe
Inscrit dans la durée, ancré dans la réflexion, le partage et l’exploration, le projet Ce qui nous traverse a fait naître, selon les mots du catalogue de l’exposition, des œuvres « candides et touchantes, lentement réfléchies et façonnées. Elles parlent d’attachement, de filiation, de mémoire, de silence, de résilience, de don, de gratitude, de départ et de retrouvailles. C’est aussi le pouvoir réparateur du groupe, ainsi que le caractère d’ensemble du processus général que nous avons voulu souligner. »

Une troisième édition est présentement en cours. À suivre !

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Ce projet bénéficie du soutien financier de la Ville de Montréal et du ministère de la Culture et des Communications dans le cadre de l’Entente sur le développement culturel de Montréal.

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crédits photo : Laurence Ly (1 et 3) et Rémy Chhem (2), 2025